Bonsoir à Tous,
J’ai le plaisir de partager avec vous des extraits du livre « L’infini pouvoir de guérison de l’esprit, selon le bouddhisme tibétain » de Tulku Thondup (Ed. Le Courrier du Livre). Je suis personnellement convaincue que Qui que nous soyons, quel que soit notre âge, notre vécu ou notre culture, nous avons tous le « pouvoir » de donner à notre vie l’Harmonie et la Paix qu’elle mérite. De nombreux ouvrages nous permettent de découvrir des outils précieux, pour nous aider à nous (re)connecter à cette source d’énergie immense qui est en nous, même quand les circonstances de notre vie sont difficiles au point, parfois, de douter qu’une issue est possible, ou que nous avons réellement les moyens d’aller mieux, ici et maintenant ou demain… Ce livre me semble faire partie de ces ouvrages, en espérant qu’il vous sera utile et vous apportera plus de Lumière, en vous et autour de vous.
Nous sommes tous bouddhas
Les bouddhistes pensent que tous les êtres possèdent la nature de Bouddha (en sanskrit : « éveillé »). Nous sommes tous en réalité bouddhas, mais notre bouddhéité, à l’image du soleil caché par les nuages, est voilée par le karma et ses imprégnations qui résultent de l’attachement au « soi »*.
Tous les êtres sont semblables. Ils ne font qu’un en ce qu’ils possèdent la même nature parfaite. Nous savons que lorsque notre esprit se trouve dans son état naturel, détendu, libre de pressions mentales ou émotionnelles et sans contrariété, nous éprouvons un sentiment de paix. Ceci montre que la nature de l’esprit, quand elle n’est pas polluée (par les poisons mentaux*), est paisible et libre de souffrance. Bien que la sagesse, qui est notre nature intérieure véritable, soit voilée par les poisons mentaux, elle demeure fondamentalement pure et claire. Nagarjuna, le fondateur de l’école de la Voie Médiane du Bouddhisme mahayana, écrit :
Comme l’eau qui sous la terre demeure pure,
La sagesse reste immaculée au milieu des émotions négatives.
Nagarjuna déclare également que la paix et la liberté sont notre « sphère ultime », toujours présente en nous. Il ne tient qu’à nous d’en prendre conscience.
De même qu’on ne voit point l’enfant
Dans le ventre de sa mère,
Notre sphère ultime nous est invisible
Car les émotions négatives la recouvrent.
La paix se trouve donc en nous, il n’est pas nécessaire de la chercher ailleurs. Si nous pratiquons ce que le bouddhisme appelle les moyens habiles* - qui comprennent la méditation – nous pouvons découvrir cet ultime sanctuaire. Voici ce que dit Nagarjuna de notre sphère ultime – la grande nature ouverte, l’union de l’esprit et de l’univers :
Lorsqu’on baratte le lait, son essence – le beurre – surgit immaculée,
Lorsqu’on se purifie de ses émotions négatives, la sphère ultime apparaît dans toute sa pureté.
Celle-ci, parce qu’elle est recouverte par les poisons mentaux,
Est aussi invisible qu’une lampe au fond d’un vase,
Mais partout où vous ferez un trou dans le vase
De ce trou surgira la lumière de la lampe.
Quand le vase des émotions négatives est détruit par la méditation de diamant*,
La lumière jaillit jusqu’aux confins du ciel.
Pour la plupart des gens, le parfait Eveil est un concept étranger, difficile à comprendre. (…) L’esprit éveillé ne nous est pas aussi étranger qu’il y paraît. La nature ouverte, bien que nous ne la reconnaissions pas toujours, se trouve à l’intérieur de nous. Nous pouvons tous en faire l’expérience à un moment ou à un autre de notre existence. Nous pouvons même en avoir une vision fugitive lors de nos activités quotidiennes.
* L’attachement au « soi » : dans la culture occidentale, le « soi » désigne généralement la personne ou la conscience de l’égo qui pense « je », « moi », « le mien ». Le bouddhisme prend en compte cette acceptation du mot « soi », mais il entend également par « soi » tout phénomène ou objet – toute chose sans exception – à laquelle nous nous attachons comme s’il avait une existence réelle. Cela peut être le soi d’une personne mais aussi d’une table, de l’argent, ou même d’une idée.
* Poisons mentaux : ce sont ces états mentaux qui perpétuent notre confusion et nous maintiennent dans le samsara, c’est-à-dire un état où il est impossible d’échapper à la souffrance. Il y en a trois fondamentaux : la confusion, le désir-attachement et la haine-colère, auquel on ajoute parfois l’avarice et la jalousie.
* Moyens habiles (sanskrit : upaya) : méthodes pratiques inspirées par la sagesse et permettant d’atteindre l’Eveil ou d’y conduire autrui.
* Diamant (en sanskrit vajra) : symbole de la nature indestructible et immuable, principal symbole du bouddhisme ésotérique, un peu comme la croix dans le christianisme.
L’Esprit est le facteur essentiel
Comme un médecin, nous devons diagnostiquer notre maladie, nous débarrasser de la cause du problème et appliquer le remède qui nous redonnera la santé. Asanga, le fondateur de l’Ecole de l’Esprit Seul, écrit :
De la même façon qu’on diagnostique une maladie, qu’on met fin à sa cause,
Que l’on prend un remède et qu’on retrouve le bonheur d’un corps sain,
Il faut reconnaître la souffrance, renoncer à ses causes,
Appliquer son antidote et parvenir à la guérison.
Dans le bouddhisme, le diagnostic et le remède sont contenus dans quatre nobles vérités : la souffrance, la cause de cette souffrance, la possibilité que nous avons d’y mettre fin et la voie qui conduit à la liberté. Nous sommes libres de choisir cette voie. Même au milieu des difficultés quotidiennes, nous pouvons rendre notre vie meilleure. La clé, c’est l’esprit. En guidant et en entraînant notre esprit de façon appropriée, nous pouvons faire l’expérience de son pouvoir de guérison. Citons le Dharmapada :
L’esprit gouverne les phénomènes ;
Il détermine et précède toute action.
Si l’on parle ou agit avec malveillance,
La souffrance viendra, comme le char suit le cheval.
L’esprit gouverne les phénomènes ;
Il détermine et précède toute action.
Si l’on parle ou agit avec un esprit pur,
Le bonheur viendra, comme notre ombre nous suit.
Le véritable bonheur, celui qui dure, ne dépend pas de circonstances matérielles ou extérieures, mais du consentement et de la force d’esprit. Dodrupchen écrit :
Le sage comprend que souffrance et bonheur dépendent entièrement de l’esprit. Il ne cherche donc pas le bonheur ailleurs. Comprenant que les causes du bonheur se trouvent toutes en nous, il ne s‘en remet pas aux circonstances extérieures. Celui qui comprend cela n’est plus meurtri par les épreuves, que celles-ci soient dues aux êtres ou aux choses. En outre, au moment de la mort, cette même force d’esprit sera présente et lui procurera paix et bonheur.
L’esprit, dans sa véritable nature, est paisible. Celui qui apprend à lâcher prise sur l’inquiétude et les tensions inutiles donne à la joie la possibilité de rayonner. Tout repose sur l’esprit. Les bouddhistes pensent qu’on peut transformer les émotions, et que la joie n’est pas seulement possible, mais qu’elle est un droit. Les soucis n’ont nul besoin de nous dominer. Lâcher prise est une question de simple bon sens ; ce n’est pas une attitude étrange qui serait l’apanage d’une religion ou d’une philosophie particulières. On peut lire dans la Bible de la Nouvelle Jérusalem (Eccl. 30 :5) :
Ne t’abandonne pas à la douleur, ne broie pas du noir,
La joie du cœur est pour tous vitale, l’allégresse rallonge nos jours,
A tes soucis fausse compagnie ; console ton coeur et chasse loin de toi le chagrin.
De plus d’un la tristesse fut la ruine ; à personne elle ne sert.
Colère et jalousie raccourcissent ta vie, et l’inquiétude te rend vieux avant l’âge.
Le cœur affable te donne de l’appétit et fait de toi un bon vivant.
Comment vivre dans le monde
Certains pensent que le bouddhisme est destiné à ceux qui désirent atteindre un état de félicité puis disparaître dans une sorte de néant, séparé des autres. Cette image du bouddhisme n’est pas du tout exacte. Le bouddhisme désire participer pleinement à la vie. Sur la voie de la guérison, on ne rejette pas les problèmes et les difficultés ; on les accepte à bras ouverts comme moyens de réaliser notre vraie nature.
Quand nous rencontrons des circonstances difficiles, reconnaissons-les comme telles et faisons la paix avec elles. Pensons : « Ca se présente mal, mais ce n’est pas grave. » Si nos nerfs ne lâchent pas, provoquant en nous une succession de perceptions négatives, ces mêmes circonstances auront de moins en moins d’effet sur nous. Comme toute chose dans la vie, elles sont éphémères et évolueront tôt ou tard. Conscients de cela, nous pouvons faire calmement le pas suivant vers la guérison, sachant avec certitude que les situations extérieures ne peuvent vaincre notre sagesse intérieure.
Selon le bouddhisme, nos émotions ne sont, en dernière analyse, ni bonnes ni mauvaises. Tous les sentiments doivent être acceptés et accueillis à bras ouverts. Mais dans le même temps, nous n’avons pas besoin de laisser les émotions violentes et destructrices nous dominer. Si nous nous savons vulnérables aux désirs, aux attachements, à la confusion ou à la haine, mieux vaut penser à agir de façon juste plutôt que de suivre nos désirs. Sur le chemin de la guérison, il faut que notre intention soit ferme. C’est notre esprit qui doit guider nos émotions.
Si nous dépendons de quoi que ce soit d’extérieur à nous-mêmes comme source ultime de satisfaction, nous aurons l’impression de parcourir des montagnes russes, tantôt heureux tantôt malheureux. L’attachement nous met à la merci du samsara, le monde éphémère de la douleur et du plaisir dont la roue tourne sans fin. Quand nous lâchons prise sur le « soi » et découvrons note centre véritable et paisible, nous nous apercevons qu’il n’est pas nécessaire de nous attacher aux concepts de bon et de mauvais, d’heureux et de malheureux, de ceci ou cela, de « toi » et de « moi ». Nombre de religions conseillent de ne pas trop s’identifier au « soi ». Les Upanishads, un célèbre texte hindou, qualifient cette identification de piège : « En pensant « ceci est moi » et « cela est mien », on s’enchaîne à son propre soi comme un oiseau à un lacet .»
Pour trouver la paix, nous devons prendre soin de nos véritables besoins et de ceux des autres. Et dans ce but, nous pouvons, et souvent nous devons, nous impliquer dans le monde. La lutte n’est pas nécessairement mauvaise. Nous pouvons apprendre à la voir comme un défi intéressant. Mais en même temps nous devons nous rendre compte que, quel que soit le but que nous poursuivons, terrestre ou spirituel, l’attachement épuise nos forces et nous enferme dans l’égoïsme. L’art de vivre équilibré devient plus facile lorsqu’on sait ce dont on a vraiment besoin.
Prendre la voie de la guérison
Lorsqu’on relâche sa prise sur le soi on trouve la paix de l’esprit, et rien ne peut plus nous nuire. Même dans la souffrance, l’attitude juste nous aide à rendre nos émotions plus légères à supporter.
(…)
L’entraînement de l’esprit nous rend plus chaleureux et peut nous conduire à voir les choses de manière plus spacieuse et plus souple.
Eveiller l'Energie de Guérison
Nous possédons tous une énergie physique et spirituelle rayonnante et beaucoup plus riche que nous le pensons. Cette énergie, nous pouvons l'éveiller pour nous en servir pendant la méditation aussi bien que dans la vie quotidienne. En fin de compte énergie et lumière sont une seule et même chose. Pour améliorer notre bien-être mental et physique, nous pouvons susciter et faire croître la force, la lumière et la sagesse qui sont en nous.
Voici un exercice qui permet de réveiller ce potentiel. Il consiste à méditer sur notre corps en tant que source d'une formidable énergie. Asseyez-vous dans un endroit confortable et chaud, les yeux fermés ou mi-clos. Respirez naturellement et calmement. Visualisez graduellement votre corps comme un ensemble merveilleux, extraordinaire, avec ses os, sa peau, ses nerfs, ses organes et ses milliards de cellules variées qui sont nécessaires au miracle de la vie.
Vous pouvez vous représenter tout cela avec autant d'exactitude scientifique que vous le désirez, bien qu'il ne soit pas indispensable de suivre la description du corps à la lettre. Pour que cette méditation ait le pouvoir de guérir, l'essentiel est d'utiliser une image, peu importe laquelle, qui vous aide à sentir et à être convaincu que votre corps est un lieu positif d'une grande énergie et d'une grande souplesse.
Il peut être très utile de commencer par imaginer une cellule de votre corps, de pénétrer en elle, et de voir et sentir sa merveilleuse vitalité. Représentez-vous son immensité; elle peut être aussi vaste que tout l'univers.
Il pourra vous être profitable d'inclure dans cette méditation certaines qualités des éléments terre, air, feu et eau, par exemple la fertilité et la force de la terre, ou la propreté purifiante de l'air. Appréciez également la richesse et la beauté de cette cellule unique en imaginant de la musique ou un autre son paisible, ou en touchant la cellule et en la sentant vivante et palpitant de force.
Après avoir consacré quelque temps à cette cellule, ou à deux ou trois d'entre elles, élargissez peu à peu votre méditation jusqu'à sentir l'immensité de votre corps, sa force et son pouvoir de guérison stupéfiants. Pensez que vous vous trouvez dans un lieu de beauté et de richesses infinies.
Puis revenez à une cellule unique - ou bien à plusieurs. Imaginez-la d'une grande clarté, rayonnante de lumière. Sentez combien cette lumière est bienfaisante. Célébrez cet endroit lumineux, paisible et merveilleux. Imaginez peut-être à nouveau une musique ou un son très harmonieux. Puis élargissez votre méditation jusqu'à ce qu'elle embrasse votre corps tout entier, rayonnant, voire éclatant de santé et de bien-être.
Imaginez et sentez que dans votre corps et dans votre esprit toute obscurité, toute froideur, souffrance, tension, peine ou disharmonie est guérie par la lumière flamboyante, le sentiment de paix et la musique de votre célébration. Toutes vos cellules vivent et communient dans la félicité et le bien-être. L'énergie et la lumière de milliards de cellules, comme les rayons d'autant de soleils, emplissent votre corps. Revenez maintes fois à ce sentiment, reposez-vous en lui, jouissez-en.
Enfin, imaginez que la lumière et l'énergie jaillissent de votre corps comme un feu de joie qui resplendit dans la nuit. Imaginez que des rayons émanent de vous en une sorte d'aura, un cercle de protection bienfaisante. Cette énergie se propage jusqu'à toucher les autres êtres et les autres lieux, en les emplissant de lumière et de paix. Si vous avez une longue expérience de la méditation, cette énergie pourrait embrasser tout l'univers. Quel que soit le sujet sur lequel vous méditiez, terminez votre séance en vous décontractant et ne faisant qu'un avec cette sensation.
Un autre exercice pour éveiller l'énergie consiste à se visualiser comme une entité divine, telle qu'un bouddha ou un autre être extraordinaire. Imaginez cette déité, cette sagesse parfaite qui demeure en vous et demandez-lui de surgir sous la forme d'énergie et de force.
Guérir les émotions
Lâcher prise sur le noir nuage de la tristesse
Lorsque vous êtes triste, reconnaissez que cette tristesse est présente et accueillez-là à bras ouverts. Ressentez-la brièvement mais de façon totale, assez longtemps pour l’accepter et la connaître telle qu’elle est. Cela vous permettra de lâcher prise sur elle.
Visualisez-là comme un noir nuage dans votre tête, dans votre cœur, dans votre estomac ou à l’endroit qui vous semble le plus douloureux. C’est peut-être un énorme nuage, menaçant, houleux, qui vous semble lourd comme s’il pesait de tout son poids sur vous et vous écrasait. Ou bien il vous procure une sensation étrange, qui vous écoeure.
Une fois que vous vous êtes concentré suffisamment longtemps sur votre tristesse pour bien la ressentir, laissez partir le nuage. Vous pouvez, par exemple, commencer à l’expulser en même temps que l’air que vous expirez.
Laissez la tristesse quitter lentement votre corps, en volutes, comme la vapeur qui s’échappe d’un pot de thé. Laissez-la partir toute seule. Sentez comme vous êtes soulagé au moment où vous imaginez qu’elle part. Contemplez le nuage noir qui s’éloigne en flottant, lentement mais sûrement. Il dérive dans le ciel, de plus en plus loin. Vous le voyez de plus en plus petit, comme un oiseau que l’on perd de vue. Vous avez de moins en moins de liens avec lui.
Enfin, au bout de l’horizon, il s’évanouit. Vous avez perdu tout contact. La tension est entièrement partie, très loin ; elle a quitté votre corps. Mentalement et physiquement, vous vous sentez léger, détendu, sans la moindre trace de tension. Demeurez dans cette sensation.
Répétez cet exercice deux ou trois fois, selon le cas.
Dissiper le mirage de la peur
Quand vous êtes effrayé, visualisez votre peur ou vos doutes sous la forme d’un brouillard vague et tremblotant, ou d’une ombre obscure logée dans votre corps. Eprouvez la sensation du brouillard. Visualisez ensuite, émanant de votre source de pouvoir, un rayon étincelant de lumière de bénédictions, qui vient toucher le brouillard et l’expulse entièrement de vous. La force et la chaleur de la lumière bienfaisante vous emplissent tout entier, et vous demeurez dans cet état.
Vous pouvez aussi visualiser devant vous une divinité puissante, d’aspect paisible ou courroucé. Regardez-la fixement avec les yeux de votre esprit, et voyez, sentez la force étonnante qui émane d’elle. Priez-la de vous donner cette force, ou encore imaginez que la divinité se transforme en une brillante lumière et se fond en vous. Sentez maintenant ce qu’être sans peur veut dire. Imaginez que vous êtes capable d’aller partout dans l’univers, où bon vous semble, sans la moindre frayeur. Recommencez cet exercice et demeurez dans le sentiment puissant de calme et d’espace que la méditation fera naître en vous.
Abolir la tendance à s’auto-dénigrer
Se sentir coupable n’est pas toujours une mauvaise chose. Si par exemple vous êtes arrogant, le sentiment de culpabilité, pourvu qu’il soit sain, peut réduire votre égoïsme et vous empêcher de retomber dans les mêmes erreurs. Mais beaucoup d’entre nous sont excessivement critiques à l’égard d’eux-mêmes. Ils s’attachent à leur sentiment de culpabilité et perdent l’occasion de trouver satisfaction et plaisir.
Ne vous sentez pas coupable d’être coupable – cela ne vous rend que plus froid et rigide. Réjouissez-vous en, au contraire, car l’humilité est un sentiment positif, et tout sentiment positif peut spontanément au moment même où l’on commence à changer d’attitude se transformer en pouvoir d’inspiration et en guérison. Considérez donc votre propre critique comme une source de bienfaits. Dans votre esprit, entourez-la d’un sentiment d’espace et de bien-être.
Puis abandonnez-la comme un fardeau inutile. Faites comme si elle ne pesait plus rien, et laissez-la partir à la dérive comme une plume dans le vent.
Comme dans les autres exercices, il peut être utile de méditer sur la lumière. Visualisez votre auto-dénigrement sous l’aspect de ténèbres, de nuages sombres ou de brouillard. Imaginez que de votre source de pouvoir émanent de clairs rayons de lumière qui viennent toucher votre sentiment de culpabilité, le réchauffent et vous donnent l’impression qu’il est sans substance. La lumière remplit voter corps, touche votre coeur et votre esprit et y dissipe toute obscurité. Maintenant, vous pouvez éprouver un sentiment de joie, de lumière et de douce chaleur sans vous sentir coupable. Détendez-vous dans toutes les sensations positives qui surgissent en vous. Répétez cet exercice de nombreuses fois, et à la fin méditez en laissant simplement votre esprit ouvert.
Stabiliser les énergies fluctuantes
Un autre moyen de rassembler l’énergie dispersée consiste à visualiser une lumière qui rend stable. Lorsque vos émotions et vos pensées partent à la dérive, visualisez une lumière bienfaisante qui émane de votre source de pouvoir et descend dans votre corps, le remplissant tout entier. Des pieds à la tête, sentez le pouvoir équilibrant de cette lumière. Au moment où elle atteint la plante de vos pieds, elle vous ramène fermement sur terre. Vous vous tenez pieds nus sur une prairie d’un vert éclatant et resplendissante de vie et d’énergie bienfaisante. Concentrez-vous sur la sensation de vos pieds touchant la terre riche et fertile. Sentez que votre agitation a disparu. Demeurez dans cette agréable sensation de sécurité et de fermeté, pendant que vous êtes dans cet endroit magnifique. Ne faites plus qu’un avec elle.
Si votre esprit est envahi par des sentiments fluctuants, par des pensées incontrôlables ou par l’inquiétude, appliquez cette méthode simple : concentrez votre attention sur la plante de vos pieds, la partie du corps qui vous relie à la terre. Ou encore massez-la doucement, d’une façon attentive et détendue qui vous ramène à votre corps et vous stabilise.
Aborder les relations avec autrui à la lumière de la guérison et de l’amour
Lorsque nous pensons sans cesse que quelqu’un est cruel ou injuste envers nous, nous nous laissons parfois entraîner par des émotions destructrices comme la haine ou la soif de pouvoir. Au lieu de nourrir voter déplaisir ou votre colère, essayez de percevoir votre ennemi comme une personne profondément bienveillante, même si vous ne croyez pas qu’l est réellement ainsi.
Dans le bouddhisme, on considère que l’être humain le plus bienveillant qui soit est une mère. Imaginez votre ennemi comme une mère ayant perdu son chemin. Aveuglée par l’ignorance et la maladie, victime des émotions négatives qui la torturent, elle met en danger son propre bien-être en s’inventant des mondes infernaux. Si vous êtes capable de pratiquer la patience et la compassion envers elle, votre esprit deviendra plus fort et plus ferme. Cet être représente donc pour vous une occasion en or. Il est comme l’employeur qui vous récompense de votre travail. Soyez-lui reconnaissant, lui qui, en étant cruel envers vous, compromet son propre bonheur spirituel, pour la chance qu’il vous donne de pratiquer l’abandon de soi et de faire d’authentiques progrès spirituels.
Une fois que vous aurez engendré ce sentiment de compassion, visualisez des nuages de lumière chaude et blanche qui émergent de votre corps et vont toucher votre ennemi. A peine le touchent-ils que son esprit et son corps sont remplis de bonheur. Il est stupéfait de ressentir une paix et une joie qu’il n’avait jamais crues possibles. Laissez-le se réjouir de cet évènement et demeurez dans cette nouvelle sensation. Sentez alors la chaleur de votre compassion qui rayonne en direction des autres et embrasse même l‘univers tout entier.
Vous pouvez également visualiser une lumière qui, émanant de votre source de pouvoir, vous transforme, vous-même et votre ennemi, en un seul et unique corps de lumière.
Si vous pouvez méditer avec une telle compassion, il vous sera plus facile d’apaisez vos émotions douloureuses et d’être détendu dans vos rapports avec autrui. Quand vous serez calme, vous pourrez alors faire face aux problèmes réels de façon efficace, sans que vos émotions négatives vous rendent partial. Le pouvoir de la compassion améliorera vos relations avec autrui et engendrera une énergie de paix et de joie à la fois en vous et chez les autres.
Trois points importants sur lesquels se concentrer
Quelle est la meilleure façon de vivre ? Un très bonne manière de résoudre cette question consiste à donner la plus grande importance au moment présent : ici même, maintenant même, à cet instant précis où nous vivons et où nous sommes immédiatement en possession de nous-mêmes. Commencez donc par capturer cet instant, et vivez bien, avec sagesse, dans le présent, tout en ne perdant pas de vue le passé, le futur et d’autres lieux que celui-ci où vous êtes.
Deuxièmement, nous devons prêter attention à notre propre vie et aux êtres dont nous sommes responsables. Si nous nous occupons de manière pratique de nos proches, nous éviterons de tomber dans les généralisations brumeuses et les attitudes déconnectées du réel. Commencez dès aujourd’hui à être une source de bonheur pour ceux qui sont ici, quotidiennement : famille, amis, voisins – y compris vous-même.
Troisièmement, consacrez-vous au bien et au bonheur de tous les êtres, et en particulier de ceux qui vivent avec vous. Ceci est l’essence même de la spiritualité. Comme dit l’ermite au roi, à la fin du récit de Tolstoï intitulé Les trois questions :
Souviens-toi alors que le seul moment qui importe est maintenant. Il importe parce que c’est le moment où l’on est en possession de soi-même. Et l’homme le plus important est celui avec qui tu es, car personne ne peut dire s’il aura jamais affaire à un autre. Et l’occupation la plus importante est de lui faire du bien, car c’est dans ce seul but que l’homme a été envoyé dans cette vie.